ÎLE DE BENIGUET

Quelques détails...

De forme à peu près ovale (bien que rétrécie à l’Ouest), orientée sud-ouest / nord-est, Béniguet s'étend sur 2km, pour une largeur de 300 mètres. Ses côtes sont sablonneuses et recouvertes de galets à l'est, tandis que le sud et l'ouest sont plus rocheux, pour une superficie de 60 hectares. Elle culmine au maximum à 16m de hauteur. Du sud, on découvre la chaussée des pierres noires et son phare. 
Une dune est visible sur les deux tiers du nord de l’île. Elle s’est développée sur des amas de galets fossiles datant des périodes glaciaires. Vue du ciel ou de loin on pourrait croire Béniguet bordée de très grandes plages de sable, mais il s’agit en fait de grèves de galets polis, et les vraies plages de sable sont rares autour de l’île. La partie sud de l’île, la plus haute, est essentiellement rocheuse avec de légères falaises. (source : ONCFS)

On sait que Béniguet fut habitée à l’époque préhistorique. Lors des fouilles on a recensé de nombreux menhirs et dolmens. Il aurait également été découvert, des fragments de poteries romaines et trois chambres funéraires contenant des ossements humains. (2 menhirs de nos jours sont encore debout)

L'île fut occupée par des paysans jusqu'en 1953. Cultivant essentiellement du seigle et du colza, ils pratiquaient aussi l'élevage. La terre permettait la culture de seigle et de maïs. Un fermier essaya de faire du blé, il y réussit mais en amendant cette terre avec énormément de goémon. Par contre, la côte Ouest était trop sablonneuse pour y faire pousser quoi que ce soit.

Les galets furent aussi exploités, d'abord par des gabares de Lampaul-Plouarzel, puis durant la guerre, pour la construction de blockhaus. La vie sur l'île entre 1945 et 1947 a fait l'objet du film documentaire Goémons de Yannick Bellon. Dans les années 1960, le projet de faire de l'île un champ de tir pour l'armée fut repoussé grâce à la démission collective du Conseil municipal du Conquet.

En 1993 l'île de Béniguet est classée comme réserve de chasse et de faune sauvage par arrêté préfectoral. En 2021, l'île est intégrée à la réserve naturelle nationale d'Iroise (et perd donc le statut de RCFS)

(source : Wikpédia)

La Réserve Naturelle Nationale d'Iroise (RNNI)

Créée en 1992 pour protéger les îles de Bannec, Balanec et Trielen, ainsi que leurs îlots satellites, la Réserve Naturelle Nationale d'Iroise a considérablement étendu son périmètre en 2021. Elle englobe désormais l'ensemble des îles et îlots de l’archipel de Molène ainsi qu’à leurs estrans, du domaine terrestre jusqu’aux limites des plus basses mers de vives eaux. Seules les parties terrestres et estrans de l’île Molène et de son Ledenez Vraz, ainsi que les parties terrestres de l’île de Quéménès et de son grand ledenez sont exclues de la réserve. La nouvelle Réserve s'étend désormais sur une superficie de 1129 hectares (contre 40 ha à l'origine), dont une grande majorité (1008ha) de domaine maritime.

La gestion de cette réserve est assurée par le Parc Naturel Marin d'Iroise (PNMI), dépendant de l'Office Français de la Biodiversité. (OFB)

Réglementation

Pour connaitre la réglementation exacte concernant Béniguet : Voir cette carte du PNMI

Afin de garantir la préservation des espèces et des milieux, certaines activités sont interdites dans tout le périmètre de la réserve :

  • Chiens interdits (même tenus en laisse)
  • Camping et bivouac interdits
  • Interdiction de faire du feu
  • Drônes et cerfs-volants interdits
  • Ramassage de galets interdit
  • Cueillette de fleurs interdite

Le domaine terrestre des îlots est par ailleurs interdit d'accès sur tout ou partie de l'année ainsi que certains secteurs de hauts d'estran du 1er avril au 31 juillet.

Décret N°2021-11-49 du 04 septembre 2021 et arrêté préfectoral N°29-2022-03-10-00002 du 10 mars 2022.

Situation de l'île :

beniguet plan

©Stéphane CUILLANDRE

Vue aérienne :

photo©Anthony PENEL / www.survoldefrance.fr

Quelques photos...

Tous droits réservés. Reproduction interdite sans accord

Beniguet
©Keringuar.fr

Beniguet
©OFB

Beniguet
©RandoKayak

Beniguet
©RandoKayak

Beniguet
©Julien Carnot

Beniguet
©RandoKayak

©Anthony PENEL / www.survoldefrance.fr

Beniguet
©OFB

Beniguet
©OFB

Un peu d'histoire :

(Source : Archipel Molènais - Vital Rougerie)


Au moyen âge, l’île appartient aux Comtes de Léon qui dilapident leur fortune...
En 1169, ils vendent Béniguet aux moines de Saint-Mathieu qui y installent un prieuré. Un champ s’appelle encore Parc Ar Vanac’h (champ des moines).
A la fin du 16ème siècle, Louis XIV ayant demandé à toutes les abbayes de faire un don « gratuit et volontaire » les a autorisé pour cela à vendre des terres.
En 1569, l’île fut donc vendue 96 livres à Jean Kerlec’h Sieur du Plessis (manoir du Plessis en Ploumoguer), elle rapportait 5 livres par an.
En 1680, l’île appartient toujours à la famille Kerlec’h. Plus tard, ce même roi autorisa les abbayes à racheter les terres qu’elles avaient vendues.
En 1736, les religieux veulent recouvrer Béniguet et font un procès au Sieur René de Kermoisan, baron de tresiguidy héritier des Kerlec’h. Des procès s’engagèrent qui durèrent pratiquement jusqu'à la révolution. D’autre part, des procès avaient lieu sans arrêt entre les propriétaires de l’île et les chasseurs venus de Continent. Béniguet devenu bien national fut acheté par Jean Francis Gorric négociant au Conquet.

De nombreux fermiers se succédèrent. Deux familles y vécurent en permanence. Plus récemment Messieurs Simier et Pors l’occupèrent de 1938 à 1944, puis d’autres : Messieurs Barbaro, Bertin etc… Monsieur Simier dans ses mémoires à relaté la vie qu’a mené sur cette île avec une vingtaine de domestiques aux surnoms fantaisistes :

Casquette, Bleiz, Galoche, Bonheur, Gentil, La Pige, Canard, Moustache, La Classe, Chimic, Cocagne. Parmi ceux-ci, il en avait choisi un pour être le chef : Jeste ar Manan, c’était le plus crapuleux, mis à la porte de la marine, de la coloniale, des Bat d’Af, il finit à la légion étrangère, déserteur pendant la guerre 14-18, il fut affecté au bataillon disciplinaire puis revint aux îles. Mais, il savait tout faire, boucher, boulanger, coiffeur, son titre de gloire étant de raser le patient en ayant les yeux bandés. Il avait une petite retraite ce qui lui conférait une notoriété et une supériorité sur les autres.
Si ces hommes étaient des rustres, ils avaient appris à être roublards, tel ce Paul Vian ( le garçon de cochons) qui réclamait un verre de vin par douzaine d’œufs qu’il ramassait, mais les reprenait sitôt que le patron avait le dos tourné afin de faire croire à une 2ème récolte. Le Boulanger exigeait un verre pour faire la pâte et un litre par fournée pour que le pain soit cuit à l’heure.

La femme de Monsieur Simier après 2 essais infructueux ayant renoncé à vivre sur cette île, c’est avec l’aide d’une bonne qu’il dut loger, nourrir et faire travailler cette troupe hétéroclite, il fallait être aussi Docteur, Vétérinaire…et, assurer le ravitaillement.

S’il ne fut jamais attaqué par ses domestiques, il fut parfois obligé de les ‘corriger ‘, ce qui n’était pas tout avantage pour lui, car l’incident terminé, il fallait boire le verre de réconciliation (à sa charge évidemment) le règlement l’exigeait. 
Car il y avait un règlement sur ces îles, qui variait, peu d’une île à l’autre, d’où venait-il ?

Il n’y avait aucun écrit mais il se transmettait de bouche à oreille et le fermier avait tout intérêt à le respecter (surtout pour tout ce qui avait trait au vin)...

Des silex taillés et des tessons de poterie trouvés sur Béniguet indiquent une présence humaine à l’époque mésolithique.
Au néolithique, on y a construit des chambres mortuaires et dressé des menhirs.
Certains sont encore debout aux points les plus élevés de l’île. Divers vestiges indiquent ensuite l’occupation de l’île à l’âge de fer, à l’époque de la Gaule romaine, puis au Moyen-Age, au 16e siècle, et plus récemment.
L’habitation semble avoir toujours été épisodique, l’île étant souvent désertée.

Au 19 siècle, une civilisation particulière s’est développée à la pointe de la Bretagne : les paysans goémoniers. Ils ont été nombreux sur Béniguet, récoltant les algues de la fin de l’hiver à l’automne, et cultivant toute l’année pour survivre et nourrir leurs chevaux.

Les bâtiments construits sur l’île, ainsi que de nombreux murets de pierres délimitant les champs, datent de cette époque. Les paysans goémoniers ont quitté l’île peu après la seconde guerre mondiale.
Passages d’accès aux grèves taillés dans le rocher, terrasses pour sécher le goémon et fours pour le brûler sont autant de témoignages du très dur métier de goémonier.

©Anthony PENEL / www.survoldefrance.fr

Archipel Molènais - Vital Rougerie - SNSM - 1989

Archipel Molènais - Vital Rougerie - SNSM - 1989

Cet opuscule de 118 pages a été écrit en 1989 par Vital Rougerie pour le compte de la SNSM de Molène. Il y aborde l'histoire des îles et îlots qui composent l'archipel de Molène, mais aussi la vie autrefois sur Molène, les animaux marins ou encore l'origine des liaisons avec le continent.

LE SAVIEZ-VOUS ?

Il y a quelques temps, l’île appartenait au Conseil Supérieur de la Chasse qui en confiait la garde à la société des Chasseurs du Finistère et servait de réserve de lapins pour le repeuplement. Car, à une certaine époque on craignit que cette espèce ne disparaisse...

En effet, la myxomatose avait été introduite en France en 1952 par le Professeur Armand Delille, afin de détruire les lapins de la propriété de Monsieur MAILLEBOIS en Eure et Loire, cette maladie se répandit dans toute la France. Or, on avait constaté qu’en un seul endroit les animaux étaient indemnes, à Béniguet, d’où l’idée de faire une réserve en ce lieu. Mais en 1975, cette population animale fut atteinte à son tour et l’île fut décimée en quelque temps.

Depuis ce temps, (l'île foisonne de lapins de Garenne) la maladie n'est jamais réapparue, alors qu'en principe elle reste endémique une fois installée...